Bannalec

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Bannalec en 1891

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1899

JANVIER

9 janvier (L'Union Agricole)
Vol : Un journalier nommé Guillamet, âgé de 23 ans, anciennement domestique chez un cultivateur de Bannalec nommé Jean Bellour, a dérobé à son ancien maître, dans l'après-mi di du 3 janvier. 1200 kilos de seigle et 200 kilos de blé noir, le tout d'une valeur de 300 francs environ.

11 janvier (L'Union Agricole)
Coups : Le 7 courant, le nommé Bourhis Louis, cultivateur à Pralez, en Bannalec, s'était rendu à la foire de Rosporden pour gager un domestique ; son choix se fixa sur un nommé Barc Pierre, de Lande Kerouac, en Kernével. Ils revenaient ensemble vers cinq heures du soir, lorsqu'arrivés à l'auberge de Croas-ar Bléo, ils entrèrent prendre une consommmation. Dans l'auberge se trouvait également le sieur Morvan Jean, de Ty-Chalony en Scaër ; celui-ci s'aboucha aussitôt avec Barc et lui fit sans doute des propositions plus avantageuses, car ce dernier dit à Bourhis qu'il renonçait à ses engagements et entrait au service de Morvan. Bourhis critiqua vivement Barc sur sa façon d'agir, mais celui-ci pour toute explication lui envoya un violent coup de poing qui l'atteignit au-dessus de l'œil. Bourhis a porté plainte à la gendarmerie.

30 janvier (L'Union Agricole)
Arrestation : Mardi dernier, le nommé G... Guillaume, couvreur au bourg de Bannalec, a été mis en état d'arrestation sur l'ordre du Parquet de Quimperlé. Cet individu avait été condamné le 9 décembre dernier, par le tribunal correctionnel, à la peine de 20 jours de prison, pour coups et blessures volontaires. C'est donc pour purger cette peine que G... a été écroué.

FEVRIER

13 février (L'Union Agricole)
Malaise : Une femme portant le costume de Châteauneùf ou de La Feuillée, a été trouvée le 4 courant, dans un fossé près du bourg. La malheureuse était pauvrement habillée et à bout de forces, semblant mourir d'inanition. Cette femme âgée de 65 à 70 ans, avait, paraît-il, passé la nuit dans une maison en construction non loin de là. Transportée à l'Hôlel des Voyageurs on lui prodigua les soins nécessités par sa position, mais malgré tout, le lendemain, elle était encore dans un si triste état qu'elle n'a pu donner d'indication permettant d'établir son identité.

15 février (L'Union Agricole)
Vol : M. Le Sénéchal, boulanger à Bannalec, s'apercevait depuis quelque temps que le tas de fagots qu'il possède dans un champ, hors du bourg, diminuait à vue d'œil. Dans la nuit du 11 au 12 courant, malgré la surveillance active exercée par lui-même, 15 fagots ont encore disparu. M. Le Sénéchal évalue en tout à 50 ou 60 le nombre des fagots volés, valant environ 9 fr. Il a porté plainte à la gendarmerie.

Arrestation : Mercredi soir, M. Vigot Jean Marie, propriétaire-cultivateur au boarg de Coayou, revenant du bourg, vers 1 heure, aperçut à quelques pas du débit tenu par le sieur Dutail, à Roshuel, un individu que la débitante était en train de mettre à la porte et qui se coucha sur le bord de la route, la tête sur un sac en toile. M. Vigot entra dans l'auberge. Il y était à peine depuis quelques instants quand une voisine de la débitante, la femme Guiffant, entra affolée, disant qu'un étranger menaçait d'incendier son habitation. Cet étranger n'était autre que l'individu mis à la porte de l'auberge Dutail. Peu de temps après,M. Vigot le trouvait dans le débit Jégou et l'invitait à prendre une consommation; il l'emmena ensuite avec lui du côté de Rosporden, mais notre homme le quitta presqu'aussitôt pour visiter le débit de Capitaine, à Roshuel-Vin, puis celui de la femme Nicolas, à Coayou, où il fit un tapage épouvantable, menaçant de mettre le feu à la maison. Sur ces entrefaites M. Vigot qui l'avait suivi l'arrêta avec l'aide de deux autres personnes et il fut gardé à vue jusqu'à l'arrivée des gendarmes qu'on avait fait prévenir. Questionné, cet étrange voyageur a déclaré se nommer Tomin Jean, né à Commana (Finistère), le 7 septembre 1852. Il a été mis en état d'arrestation pour menaces d'incendie.

18 février (L'Union Agricole)
Décés : Nous avons annoncé dans notre numéro de vendredi dernier qu'une femme avait été trouvée mourant d'inanition près le bourg de Bannalec. Malgré les soins qui lui ont été prodigués, cette femme est morte. On n'a pu jusqu'à présent établir son identité. M. le lieutenant commandant la gendarmerie de l'arrondissement de Quim perlé, a informé M. le sous-préfet de Châteaulin du décès de cette femme, que l'on croit originaire des environs de Châteauneuf-du-Faou.


MARS

4 mars (L'Union Agricole)
Procès verbal : Procès-verbal a été dressé, dimanche dernier, contre les nommés Le D... Guillaume, âgé de 18 ans, journalier à Kerbiniou et J... Fran çois, âgé de 21 ans, garçon boucher à Tromelin. Ces jeunes gens, un peu échauffés, se battaient sur la route de Rosporden, en face du débit Laurent, à Kerbiniou.

15 mars (L'Union Agricole)
Inconnue ? : Nous avons relaté il y a quelques semaines qu'une mendiante avait été trouvée inanimée sur la route près le bourg de Bannalec. Transportée chez M. Cuziat, elle y était morte le lendemain sans avoir pu prononcer une seule parole. Les recherches faites en vue de découvrir l'identité de cette femme que l'on croyait originaire des environs de Châteauneuf-du-Faou, n'ont donné au cun résultat.

18 mars (L'Union Agricole)
Inconnue ? : On nous écrit le 15 : Je lis ce matin dans l'Union agricole que la femme décédée chez le sieur Quéré Henri (et non Cuziat) est toujours inconnue. D'après les renseignements parvenus de Plozévet, cette personne serait une nommée Renée Daden, mendiante, âgée de 60 ans, célibataire.

AVRIL

5 avril (L'Union Agricole)
Vol de bois : Deux vols de bois de chauffage ont été commis successivement ces jours derniers au préjudice du nommé Hingant Louis, débitant au bourg de Bannalec. Ces vols sont peu importants. L'auteur est inconnu.

8 avril (L'Union Agricole)
Vol : Dans la nuit du 31 mars au 1 avril, un vol de deux marches et une contre marche d'escalier a été commis au préjudice du nommé Louis Le Roux, charron-forgeron au bourg. Ces objets se trouvaient cachés dans un coin de la maison qu'il a fait nouvellement construire. La même nuit il lui a été enlevé dans un champ voisin une auge en bois mesurant un mètre 50 de longueur. Le Roux estime le tout 17 fr. Auteur inconnu.

Filouterie : Le 6 février dernier, le nommé B... Jean, se disant menuisier et marchand de bois à Gourin, se présentait chez la femmeTanguy, cabaretière au bourg, disant qu'il voulait prendre pension chez elle. Il la prévint qu'il n'avait pas d'argent sur lui, mais qu'il devait recevoir les jours suivants 1500 fr. de M. Chauvel, banquier à Brest. Il ajouta même : « Si je ne vous inspire pas trop de confiance, écrivez à M. G. Henri, de Gourin, qui vous donnera des renseignements. Gagnée par tant de franchise, la cabaretière hébergea notre homme. B... resta donc pendant dix jours, au bout desquels il partit sans prévenir naturellement : sa note s'élève à 40 fr. plus 8 fr. qu'on lui ont été prêtés. Depuis son départ, la femme Tanguy lui a écrit, mais sa lettre est restée sans réponse. Il est probable qu'elle attendra long temps encore.

Garnements : La brigade de gendarmerie de Quimperlé a dressé, il y a quelques jours, un long et volumineux procès-verbal contre une bande de sept gamins, âgés de 9 à 15 ans, qui depuis fort longtemps mettaient au pillage les poulaillers des habitants et les magasins dans lesquels les. commerçants de la localité serraient leurs beurres. Le 21 mars dernier, un de ces gamins était surpris en train d'escalader la porte du magasin de la veuve Salaun. Un de ses camarades faisait le guet. A la suite d'une plainte adressée au Procureur de la République, des explications ont été demandées à ces deux gamins qui ont parfaitement reconnu être coupables de nombreux vols de beurre et d'œufs qu'ils vendaient en suite. Ils ont aussi donné le nom de leurs complices. Ces derniers ont été interrogés chacun à leur tour par la gendarmerie et aucun d'eux n'a fait difficulté pour avouer les faits. De nombreux habitants ont été volés par cette bande, entre autres MM. Bizien, commerçant; Joseph Thiec, aubergiste ; Mazeray, chef de station ; veuve Gornouëc, propriétaire. Nous ne donnons pas les noms de ces petits voleurs par commisération pour leurs parents. Ces derniers cependant sont en grande partie responsables des méfaits de leurs fils. S'ils les avaient surveillés davantage et avaient pris un peu plus soin d'eux, tout cela ne serait pas arrivé.

12 avril (L'Union Agricole)
Vol : Dans le courant du mois de novembre dernier, le nommé Le Beuze Jean Marie, cultivateur à Tromelin, en Bannalec, s'apercevait de la disparition de son fusil (système Le Faucheux), qu'il avait accroché à une poutre dans la maison. Malgré toutes ses recherches, il ne put connaître l'auteur de ce vol, lequel avait dû être commis au milieu du jour, pendant l'absence de tout le personnel de la maison. Il n'avait pas cru devoir avertir la gendarmerie de cette soustraction. Ces jours derniers seulement, ayant appris que son arme était en possession d'un individu de la commune qui l'avait achetée à une autre personne pour une somme de 10 fr., il porta plainte. Une enquête a été ouverte et l'auteur du vol ne tardera pas à être connu.

Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 7 avril : Jégou Mathieu, marchand de vaches à Tromelin en Bannalec, est accusé d'avoir volontairement porté des coups à sa sœur Joséphine, âgée de 17 ans. Tous deux en revenant de la foire de Bannalec le 4 mars dernier, étaient entrés chez leur père, malade depuis quelque temps. Joséphine reprocha à son frère de ne pas voir son père assez souvent ; que c'était même la première visite qu'il lui faisait, et que, ma foi, il ferait aussi bien de rester chez lui. Furieux, Jégou prit sa sœur aux hanches, la violenta et lui porta des coups de pied et de poing ; il la traîna même par les cheveux. L'accusé a prétendu qu'il n'avait fait que s'interposer entre sa femme et sa sœur qui s'étaient prises à corps, et que pendant ce temps Joséphme lui avait saisi le doigt avec les dents et l'avait cruellemen. mordu. Pour lui faire lâcher prise, il avait dû la tirer par les cheveux. Un témoin a affirmé ce fait, Joséphine l'a démenti, un autre témoin a vu Jégou tirer sa sœur aux cheveux. Jégou en a été quitte pour 25 fr. d'amende.

24 avril (L'Union Agricole)
Violences : Le 21 courant, le nommé Le Corre Guillaume, âgé de 56 ans, chanteur ambulant, se trouvait dans un débit au lieu de Stang Oualic, quand sans .aucune provocation de sa part il a été traîné par les pieds à sa sortie sur la route par deux individus qui se trouvaient également dans l'auberge. Ils l'ont si maltraité que le malheureux a eu la cheville du pied foulée. Le Corre essaya de continuer sa route marchant tant bien que mal sur les mains et les genoux. La femme Rodallec, de Loge Casal, l'ayant aperçu se traînant ainsi lui donna l'hospitalité pour la nuit. La gendarmerie prévenue du fait a dressé procès-verbal et les auteurs de cet acte inqualifiable que l'on croit des charretiers de Quimperlé, ne tarderont pas sans doute à être connus.

26 avril (L'Union Agricole)
Menaces : Le 20 avril, M. Monchicourt, chargé de faire le recensement de la commune de Bannalec, se présentait chez un domestique nommé Nicolas G et lui remettait une feuille en le priant de la remplir. Mais ce dernier ne veut pas être recensé et il répondit par un refus. Comme M. Monchicourt insistait: « Laissez-moi donc tranquille, lui dit-il, je suis turc et je me moque de la République française. » L'agent essaie de le raisonner. Ah bien, oui ! Son interlocuteur lui répond par des grossièretés et finalement prend son couteau et l'en menace. L'affaire aura des suites, paraît-il.

Gendarmes blessés : On nous rapporte un fait grave qui s'est passé jeudi à Bannalec. A la suite d'une rixe entre deux frères, un gendarme voulut intervenir. Mal lui en prit, car les deux frères abandonnant leur querelle tombèrent tous deux sur le représentant de l'ordre public, le malmenant d'une façon pitoyable. Deux autres gendarmes étant intervenus, ce fut une mêlée générale et ce n'est pas sans peine que force resta à la loi. Un des gendarmes a eu le coude démis, un autre le pouce. Les deux frères, auteurs de cette affaire ont été écroués hier.

MAI

1 mai (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 28 avril : L'affaire Jambou frères, prévenus de rébellion, outrages et coups aux gendarmes de Bannalec, est celle qui le 28 courant, mettait presque toute la population du bourg de Bannalec en émoi. En voici le récit exact : Dans la journée du 23 avril, le nommé Jambou avait célébré ses fiançailles et les avait arrosées de nombreuses chopines de cidre Un repas avait suivi la comparution des futurs époux Jambou devant l'offlcier de l'élat civil, et vers six ou sept heures du soir, après avoir souhaité aux fiancés les plus heureuses chances, les convives s'étaient séparés.

Gais et contents, Jambou Louis et son frère François reconduisaient la fiancée à sa demeure quand en passant devant le cabaret Le Quéré ils entrèrent. La future de Louis ne les y suivit point et rentra chez elle. Tous deux buvaient lorsque tout d'un coup François dit à Louis : Mais ! et ta fiancée ? il faut aller la reconduire ! Louis que l'ivresse avait transformé n'entendait plus de cette oreille-là. François se fâcha sérieusement, en voyant son frère manquer d'égards pour la jeune fille. Il chercha querelle à son frère qui lui répondit par des mots de corconstances. Enfin tous deux se prirent à corps.

Des coups furent portés de part et d'autre, et an tumulte général s'en suivit. La gendarmerie requise arriva ; elle essaya de calmer les frères Jambou. François dit alors aux gendarmes : « Si vous ne me laissez pas tranquille, je vous fais votre affaire », menace très significative qui détermina l'arrestation du rebelle. Â ce moment, Louis comprit tout le tort qu'il avait eu de ne pas écouter les observations de son frère. Aussi, quand il le vit emmener par les agents, résolut-il de le délivrer. Il porte au gendarme Le Coz un violent coup de poing et veut débarrasser son frère. Mais les gendarmes au nombre de trois saisissent Louis et l'emmènent. En chemin les deux rebelles opposent une vive résistance aux gendarmes. Ils les bousculent de droite à gauche.

A un moment donné, Louis fait un croc-en-jambes au gendarme Le Coz qui tombe et entraîne avec lui dans sa chute ses collègues et les frères Jambou. Tous roulent à terre l'un par-dessus l'autre. La population est indignée, plusieurs citoyens portent secours aux gendarmes mais un peu tard, car à ce moment, la rebellion commise par les frères Jambou a eu toutes ses graves conséquences. Et quand les gendarmes se relèvent, l'un d'eux, Le Coz, a le bras luxé au coude, un autre, David, a le pouce demis, et enfin, le troisième, Denis, a les mains tout égratignées. Les frères Jambou sont conduits à la chambre de sûreté. Toute la nuit ils ne cessent d'injurier les gendarmes ce qui ajoute encore à la gravité des faits.

A l'audience, les prévenus manifestent les plus sincères regrets et semblent très affectés de leur situation. Les excellentes raisons qu'expose M° Cozanet, avocat, leur conseil, à savoir : la bonne conduite des accusés, les bons certificats qu'ils produisent ; leur casier vierge et enfin l'état d'inconscience dans lequel ils se trouvaient, n'ont d'effet sur la décision du tri bunal qu'en ce qui touche l'admission des circonstances atténuantes. Mais, nous le répétons, les faits dont les prévenus ont à répondre sont graves. Le gendarme Le Coz est à l'hôpital où il lui faudra séjourner au moins un mois pour se guérir de sa blessure ; un autre est hors de service pendant quelques jours. Et malgré toute la commisération qu'inspirent au tribunal les frères Jambou ceux-ci sont condamnés à la peine de trois mois d'emprisonnement et chacun en une amende de seize francs.

Vol : A quel point la vérité peut réduire une affaire exagérée ? Ce qui suit va le démontrer ; Le 13 mars dernier, le sieur Derrien Corentin, du village de Kerbail en Bannalec, avertit la gendarmerie que le 14 février précédent, un sieur Balquier, du même village, l'avait informé qu'il venait de découvrir dans l'écurie qu'il loue, lui Derrien, au nommé Le Du, un sac rempli de foin de trèfle incarnat ; que Balquier sachant bien que Le Du ne récoltant point de ses terres du trèfle de cette espèce et ayant entendu Derrien se plaindre qu'on lui en avait volé, il avait la conviction que le sac de foin en question était le fruit dui vol dont s'était plaint Derrien, auquel il s'était empressé de communiquer sa découverte.

Derrien aussitôt avisé de ce fait, se rend chez Le Du et reçoit de la femme de celui-ci l'aveu du vol. A l'audience, Derrien fait les mêmes déclarations. Il estime le.foin soustrait à son préjudice à un franc. La femme Le Du reconnaît avec Derrien qu'elle a bien pris le foin en question, mais avec cette restriction, qu'elle ne l'a fait que du propre consentement de Derrien lui-même ; et que l'autorisation de le prendre lui avait été accordée par Derrien dans le but de réparer le préjudice que lui avaient causé les vaches du plaignant en pénétrant dans son champ. Derrien reconnait l'exactitude de ces déclarations. Les débats établissent même que s'il y avait un vol commis, le préjudice eut été considéré comme nul. Le foin en question, déjà vieux d'une année, tout froissé dans le sac était estimé bien au delà sa valeur que Derrien fixait à un franc. En conséquence la femme Le Du a été acquittée.

15 mai (L'Union Agricole)
Pêche la nuit : Des procès-verbaux ont été dressés par la gendarmerie de cette localité, contre les nommés M.. Hyacinthe, et T.. Jean, journaliers, demeurant au bourg de Bannalec, pour pêche de nuit à l'aide d'une ligne flottante tenue à la main.. Avis à ceux qui seraient tentés de pêcher la nuit.

31 mai (L'Union Agricole)
Imprudence : Le 28 courant, la nommée Le Berre Louise, âgée de 19 ans, s'est fait de graves brûlures en maniant une boîte de poudre près du foyer. L'imprudente perdra probablement un œil.

JUIN

7 juin (L'Union Agricole)
Enseignement primaire : Par arrêté de M. le Préfet en date du 3 juin 1891, sur la proposition de M. l'Inspecteur d'Académie, ont été nommés instituteurs adjoints : A la Forêt Fouesnant, M. Quéméner Jean-Yves, instituteur stagiaire à Bannalec ; A Bannalec, M. Escaro, ex-instituteur, adjoint titulaire.

Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 2 juin : coups et blessures volontaires : Le 8 mai dernier, jour du pardon de la Véronique, le plus brillant qui ait lieu dans tout le canton de Bannalec, le nommé Jean Massé, âgé de 25 ans, cultivateur à Kerbeurnés est accosté par le sieur Gargam Mathurin, âgé de 20 ans, domestique à Lotrigan qui lui porte des coups et lui met les yeux au beurre noir. Gargam jouissait en ce moment-là de toute sa raison et on ne s'explique pas sa brutalité à l'égard de Massé qui ne l'a nullement provoqué. Mais il en donne le motif au Trilbunal et raconte que c'est parce que l'année dernière ils s'étaient disputés au sujet de leur force musculaire. Massé prétendait qu'il jetterait plus loin que Gargam une boule de bois dont le poids et le volume sont excessifs. Gargam avait gagné. Mais Massé avait voulu prendre sa revanche à la lutte et cette fois il avait été le vainqueur. Les coups n'ont eu aucune gravité, mais pour montrer à Gargam qu'il n'est pas humain de garder aussi longtemps rancune d'une pareille vétille, le Tribunal lui inflige trois jours d'em prisonnement.

17 juin (L'Union Agricole)
Vol : Dimanche dernier, le nommé Prat Joseph, cultivateur à Kerlagadic, ayant besoin d'atteler son cheval, s'aperçut qu'on lui avait soustrait une souventrière et une dossiére. Ses soupçons se portèrent aussitôt sur un individu étranger au pays, vêtu d'une longue blouse blanche, qui était venu la veille au soir demander l'hospitalité pour la nuit. Elle lui avait été refusée. Cet individu a profité de la nuit pour dérober les objets en question ; il les a emballés dans un sac de phosphate qu'il a vidé préalablement sur l'aire à battre. On recherche activement ce vagabond.

21 juin (L'Union Agricole)
Pêche illégale : Le 18 courant, la gendarmerie de Baimalec a dressé procès-verbal contre le nommé M... Hya cinthe, pour délit de pêche. Cet individu a été tout dernièrement l'objet d'une condamnation pour un délit de même nature.

Arrestations : Trois individus de Pont-l'Abbé, les nommés Le Reste Jean et Le Brenn Félix, maçons et Thomas Pierre, couvreur, ont été mis en état d'arrestion jeudi, par la gendarmerie de cette commune, pour filouterie, vagabondage et violences exercées sur des aubergistes.

24 juin (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 16 juin : : Vol de fusil : Dans le courant du mois de novembre 1890, M. Le Beuze Jean Marie, cultivateur à Tromelin en Bannalec, s'apercevait qu'un fusil type Lefauchieux suspendu à une poutre de sa maison avait disparu. Ce n'est que six mois environ après, dans le courant du mois d'avril écoulé, qu'il en eût des nouvelles par un sieur Tréguier Mathieu lequel lui apprit que le fusil en question avait été pris par un nommé Morvan Hyacinthe ; celui ci l'avait remis à un nommé Monchicourt François, âgé de 49 ans, chapelier à Bannalec, moyennant dix francs. L'arme venait d'être envoyée chez un armurier de Lorient qui, selon le désir de Monchicourt, en avait poncé et reverni la crosse, et en ce moment le fusil était près de la gare dans l'auberge Valégant. Sur cette information Le Beuze se rendit à l'endroit indiqué. Il trouva l'arme comme on je lui avait dit et après un cxamen attentif du fusil qui était déposé sur une table, il le reconnut. Tréguier dit aussi à Le Beuze que Monchicourt fils, lui avait déclaré que Monchicourt père avait donné 10 francs à Morvan pour aller voler le fusil chez Le Beuze pendant l'ahsence de ce dernier. De plus Monchicourt père s'était vanté à lui d'avoir dérobé une cappe à Le Beuze. Ainsi, Le Beuze reconnaît très bien son fusil ; l'armurier affirme que le fusil qu'on lui représente est bien celui qu'il a réparé, avant sa transformation, pour le compte de Le Beuze ; Tréguier est positif dans ses déclarations. Et malgrè toutes ces preuves, Monchicourt nie énergiquement le vol. Il prétend qu'il reçu en cadeau ce fusil d'un monsieur dont il ne peut indiquer le domicile et quand Le Beuze oppose à cette prétention qu'il reconnaît bien son fusil et surtout la bretelle, Monchicourt soutient qu'il tient cette bretelle d'une personne qu'on ne connaît pas. Ce n'est qu'à l'audience où, démonté par les questions embarrassantes qui lui sont posées, que le prévenu finit par reconnaître le vol, d'abord implicitement, ensuite positivement ; il essaie de jeter dans le même embarras que lui Morvan, qu'il déclare avoir chargé d'accomplir le vol pour une somme d'argent. Il nie toutefois le vol de nappe. Monchicourt est condamné à la peine de trois mois de prison. Quant à Movvan, les preuves n'ayant pas été sufllsamment établies contre lui, il a bénéficié d'une ordonnance de non lieu.

JUILLET

3 juillet (L'Union Agricole)
Enseignement : Par décision de M. l'Inspecteur d'Académie en date du 15 juin, M. Dourver, débutant, est délégué dans les fonctions d'instituteur-stagiaire h Bannalec.

19 juillet (L'Union Agricole)
Vol : Un vol de linge et d'outils a été commis dans la nuit du 12 au 13 courant, au préjudice du nommé Le Gall François, à Kerborch. Les objets dérobés sont : une faux et une faucille qui se trouvaient dans un hangar, puis 3 chemises d'homme, une fourche en fer à deux branches, un rateau en l'ais, et 3 chemises d'enfants, se trouvant dans une loge située dans un champ à 40 mètres environ du hangar. Le tout est évalué 45 fr. environ. Auteur inconnu.

Rixe : Mardi dernier, vers 9 heures et demie du soir, une rixe a eu lieu sur la place du bourg entre les nommés Derrien Yves, âgé de 22 ans, domestique à Kerguyader et Le Bail Jean-Marie, âgé de 17 ans, demeurant au bourg. Au moment où ils étaient aux prises, Le Bail a porté sous l'aisselle droite un coup de couteau à Derrien. Quand la lutte prit fin le sang coulait abondamment de la blessure de Derrien et bientôt tous ses effets étaient ensanglantés. On dut pour arrêter l'hémorragie avoir recours à madame Morin, sage femme, la commune ne possédant pas de médecin. Pendant ce temps, la gendarmerie procédait à l'arrestation de Le Bail. Le nommé Jégou René, ayant voulu séparer les combattants reçut également au bras gauche un coup de couteau qui était destiné à Derrien. Cet incident a produit à Bannalec une très vive émotion.

29 juillet (L'Union Agricole)
Plainte : Samedi dernier, au train de 12 h. 54, le nommé Le Rey Toussaint, marin de comnerce, a porté plainte au gendarme de planton à la gare de Quimperlé, pour coups et blessures dont il aurait été victime à la gare de Bannalec. Pendant que le train était en arrêt dans cette station, deux individus voulurent monter dans le wagon où se trouvaitLe Rey, mais celui-ci leur fit observer que !e compartement était complet. Alors un de ces individus qui était porteur d'un fouet lui en asséna sur la tête avec le manche, un coup violent qui lui fit une assez grave blessure. Le Rey descendit aussitôt du train pour arracher le fouet des mains de son agresseur ; à peine avait-il mis pied à terre qu'il reçut sur la tempe un autre coup qui heureusement ne porta pas. Il parvint cependant à arracher le fouet à l'individu, puis il remonta en wagon. Le Rey n'a pas pu donner le signalement de son agresseur.

Héroisme : Je suis en retard pour vous signaler l'acte de dévouement accompli le 15 juillet dernier par M. Rodallec Henri, propriétaire au Verger en Bannalec, mais je ne l'ai connu qu'hier, le sauveteur étant aussi modeste que courageux. M. Rodallec s'était rendu dans l'après midi, vers deux heures, avec plusieurs personnes : M. Lelièvre, propriétaire à Kéransquer; M. Huon René, propriétaire à Kéribin ; M. Hémon, boucher à Pont-Aven, et le nommé Le Coq Alain, domestique de M. Lelièvre, à l'étang de Pont-Ellée pour prendre un bain. Il se livrait aux douceurs de la coupe lorsque tout à coup M. Lelièvre lui cria : « Alain se noie ! venez vite à son secours ». Son domestique venait de disparaître pour la seconde fois, entortillé dans les herbes de l'étang très profond à cet endroit où il n'y a pas moins de 7 mètres d'eau. Le Coq allait périr lorsque M. Rodallec, sans hésiter un seul instant, plongea à diverses reprises au risque de se noyer également et réussit avec beaucoup de peine à le retrouver et à le remonter à la surface, les herbes gênant ses mouvements. Heureusement, M. Rodallec, ancien marin, nage comme un véritable marsouin, et il put s'en tirer. Grâce à des soins énergiques, Le Coq a pu être rappelé à la vie. Les personnes présentes ont adressé leurs plus vives félicitations à M. Rodallec dont le dévouement en cette circonstance est au-dessus de tout éloge, car il est marié et père de famille. Nous lui adressons personnellement nos félicitations les plus sincères et nous espérons bien que l'administration lui accordera la récompense qu'il mérite pour son acte courageux.

31 juillet (L'Union Agricole)
Plainte : Mercredi matin, M. Le Sam, curé de Bannalec, s'aperçut en passant dans la rue qui longe son jardin, que le mur avait été démoli en un endroit et formait échelle. Ces dégradations avaient dû être faites par un ou plusieurs individus vou lant pénétrer dans le jardin pour voler. Une chose qui confirmerait qu'il s'agissait de vol c'est que ces personnes ont précisément démoli le mur vis-à-vis d'un figuier dont ils comptaient se servir pour descendre dans le jardin. Ce travail a dû être pratiqué dans la nuit de mardi et mercredi ; les voleurs ont probablement été dérangés avant d'avoir pu mettre leur projet à exécution. Une enquête est ouverte.

AOÛT

2 août (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 28 juillet : : Coups de couteau : Le 14 juillet dernier entre neuf et dix heures du soir, les habitants étaient mis en émoi par une rixe à coups de couteau entre un nommé Le Bail Jean Marie âgé de 16 ans et le sieur Derrien Yves Jacques âgé de 22 ans. Voici dans quelles circonstances les faits se sont produits. Dans le courant de la journée, le jeune Le Bail avait taquiné Derien à plusieurs reprises. Ce dernier s'était vu même contraint de quitter la danse pour éviter les poursuites de Le Bail. Ceci se passait après-midi. Le soir, ce fut au tour de Derrien de chercher querelle à Le Bail. Celui-ci voyant à un moment donné que Derrien voulait absolument se battre entra chez Gornouec, débitant. Quelques temps plus tard il en ressortait ; mais à peine avait-il franchi le seuil du débit qu'il recevait uu coup de poing de Derrien. Une rixe s'en suivit. Un nommé Gourvellec Mattiieu, âgé de 29 ans, qui accompagnait Derricn toute la journée, au au lieu de pacifier les combattants, les excita au contraire ; il porta même des coups de pied et de poing au jeune Le Bail. C'est cette raison qui exaspéra ce dernier et l'encouragea à se servir de son couteau pour se défendre. Enfin l'on sépara les combattants et Le Bail fut arrêté et conduit on prison. L'enquête établit des charges égales contre Le Bail, Derrien et Gourvellcc. M° Le Diberder présentait la défense du jeune Le Bail; M° Piedoye, celles de Derrien et de Gourvellec. Chacun des prévenus a été condamné à quinze jours de prison

9 août (L'Union Agricole)
Vol d'argent : Le 31 juillet dernier, vers sept heures du soir, la nommée Marie Jeanne V.. du village dcTromelin, s'était rendue chez la veuve H.. du Pont-Tromelin. pour lui faire une lettre; à cet effet, elle emporta une boite contenant du papier à lettres. Cette boîte fermait à clef et contenait 200 fr. en pièces d'or. En arrivant chez la femme H..., elle allait se mettre à sa besogne, quand deux terrassiers qui se trouvaient dans la maison l'empêchèrent d'écrire. Se voyant contrariée, Marie Jeanne V.... retourna chez elle, oubliant sa boîte de correspondance. Elle s'aperçut de cet oubli en arrivant chez sa mère, mais la boîte étant fermée à clef, elle ne s'en d'inquiéta pas davantage. Le lendemain la boîte lui ayant été rendue, elle s'aperçut à son retour qu'il y manquait 60 francs. Ses soupçons se portèrent aussitôt sur son amie qui, seule, avait pu soustraire cette somme. La demoiselle V..., s'étant renseignée sur les dépenses que la veuve H... avait pu faire dans les cabarets apprit par le nommé Nabat, aubergiste près la gare, que cette femme avait fait chez lui la monnaie d'une pièce de 20 fr. La veuve H..., accusée alors d'avoir dérobé la somme en question, a nié énergiquement le fait, prétendant tenir cette somme de son frère. Mais cette allégation ayant été reconnue fausse l' accusée a alors changé de système de défense en déclarant qu'elle avait gagné cet argent d'une façon plus ou moins honnête.

11 août (L'Union Agricole)
Chien enragé ? : Samedi dernier, le sieur Even, garde particulier de Mlle Prévost, au Château de Quimerch, aperçut près de l'étang un chien présentant tous les symptômes de la rage. Il retourna chez lui prendre son fusil et abattit l'animal. On croit qu'il n'a mordu personne. Ce chien appartenait h la nommée Fleiter du bourg de Bannalec.

16 août (L'Union Agricole)
Coups : La femme Lijour Philomène, de Poulgast en Bannalec, soupçonnait depuis quelques temps le jeune Poulizac, apprenti charron, de diminuer le nombre de ses poules. Pour cela, prétend-elle, il employait un moyen simple et pratique : il les tuait à coups de cailloux ou bien il les jetait dans un puits où elles se noyaient. Samedi dernier, voyant Poulizac passer devant sa porte, la femme Lijour courut après lui afin de lui administrer une correction soignée ; mais, plus leste, Poulizac n'eut pas de peine à l'éviter et se croyait déjà en sûreté, lorsqu'il reçut dans la jambe droite un caillou lancé par la femme Lijour, toute déconcertée de n'avoir pu l'attraper. Poulizac ayant été blessé s'est vengé à son tour, en portant plainte contre la femme Lijour.

26 août (L'Union Agricole)
Fête patronale : La fête qui devait avoir lieu les 9 et 10 septembre 1891, a été reculée aux 14 et 15 du même mois, en raison de la foire qui aura lieu le 9. Le programme des fêtes est ainsi arrêté :
1°) Le 14, sur la route de Quimperlé, à 11 heures du matin, courses de chevau.x au trop et au galop.
2°) Courses de vélocipèdes ; Courses d'hommes ; Luttes bretonnes ; Danse pendant les deux jours ; Gavotte d'honneur, etc.

SEPTEMBRE

6 septembre (L'Union Agricole)
Vol : Des voleurs ont pillé, dans la nuit du 31 août au 1° septembre, les poiriers de Mlle Prévost, au château de Quimerch. Ils s'en sont pris ensuite au vivier qui se trouvait dans le petit étang et l'ont démoli. On recherche activement ces malfaiteurs.

20 septembre (L'Union Agricole)
Fête patronale : Le lundi 14 septembre, ouverture de nos fêtes, nous avons été favorisés par un temps splendide ; il y avait beaucoup de monde au bourg, la récolte étant terminée, les campagnards se sont empressés de venir prendre un peu d'amusement après les rudes corvées qu'ils avaient faites la semaine précédente. A onze heures ont eu lieu, comme l'annonçait le programme :

Les courses aux chevaux qui ont été très disputées. Résultats, Au trot : 1° Kerhervé, de Kernével ; 2°, Conan, de Mellac ; 3°, Boêdec, greffier, au bourg. Au galop : 1°, Cotten, d'Elliant ; 2°, Gournouec Yves, du bourg ; 3°, Couarch, de Leuhan.

A deux heures, courses de vélocipèdes : 1° prix, Lair, de Lorient ; 2°, Quellien, de Lorient ; 3°, Mommoton, de Bannalec.

Les luttes, qui ont été très brillantes, ont commencé à trois heures. Citons les principaux vainqueurs : 1° Burel, de Stang-Huel et Le Bihan, d'Elliant, qui ont tous les deux été très applaudis par les assistants et qui ont rapporté les plus beaux prix. Citons en outre les frères Le Gall et Salaun, de St-Thurien, Landurin, de Bannalec, et Hervé, de Bannalec, qui ont eu leur part d'applaudissements sans toutefois avoir mérité les éloges adressés à Burel et Le Bihan. Malgré une petite pluie fine tombée le matin et qui avait rendu le terrain assez glissant, les lutteurs ont fait des prodiges de force et d'adresse.

Au sortir des luttes, nous avons assisté à la gavotte d'honneur qui a été également très brillante. Les prix ont été très disputés, car il ne manquait pas de danseurs. Les lauréats sont : Guiffant Louis, de Stang Huel ; Sinquin Jean, de Kerancalvez ; Yves Guiffant, de Stang-Huel ; Kerhervé René, de Kermorn ; Henry Jacques, du Moustoir ; Le Gall Louis, du Périn, tous de Bannalec. Il est de toute justice d'adresser aussi nos félicitations aux gentilles cavalières qui ont accompagné ces jeunes gens. On peut affirmer que c'est grâce à leur entrain qu'ils ont pu remporter les prix. En somme, bonne réussite : on s'en est donné à cœur-joie ; aussi bien les vieux que les jeunes, tout le monde était gai. Le mardi, le temps étant très beau, on a continué à danser toute la journée.

Cette deuxième journée, réservée pour les jeunes gens du bourg, a été très gaie et s'est terminée à une heure avancée de la nuit. Mercredi, la fête a eu une variante : le passage du 118° de ligne, qui est arrivé à midi ; nos braves troupiers ont été fort bien accueillis. De cinq à six heures la musique nous a régalés de quelques morceaux très applaudis, principalement l'hymne Russe. La Marseillaise a été réclamée, mais malgré l'insistance des auditeurs, il ne nous a pas été donné d'entendre l'hymne national. Nous sommes satisfaits du succès de nos fêtes et nous espérons que l'année orochaine elles auront encore une aussi bonne réussite.

27 septembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 23 septembre : Coups et blessures réciproques : Le sieur Morvan Jean, 61 ans, journalier au pont de Tromelin travaillait dans son verger, le 23 août dernier. Un petit garçon du voisinage, âgé de cinq ou six ans, s'amusait près du verger et trouvant les pommes belles, prit une pierre et la jeta en l'air, dans l'intention peut-être de faire tomber le fruit du pommier sur lequel il la dirigeait avec une très grande maladresse, car la pomme visée resta en place. Furieux de ce fait et surtout de ce qu'il trouvait que tous les jours les gamins lapidaient ainsi ses pommiers, Morvan vint sur l'enfant et le frappa d'un coup de perche. Le petit pleura, la mère survint pour reprocher à Morvan son acte, mais à son tour elle reçut un coup de manche de fouet. Le père Tocquec prévenu par un des spectateurs de la scène, arriva à son tour, prit Morvan à bras le corps et tous deux roulèrent à terre. Des coups furent portés de part et d'autre. Morvan comparaît devant le Tribunal avec la tète enveloppée d'un linge qui cache les cicatrices des blessures qu'il a reçues. Tocquec n'a rien mais il comparaît aussi aux côtés de son adversaire pour lui avoir fait les blessures en question. C'est lui montrer que nul ne se peut se faire justice. Chacun d'eux est condamné à 48 heures d'emprisonnement.

OCTOBRE

4 octobre (L'Union Agricole)
Violences : La Saint-Michel est attendue avec impatience par beaucoup de gens. Mais la majorité, les infortunés locataires, sont de l'avis contraire. C'est avec effroi qu'ils envisagent cette terrible échéance. Heureux encore se trouvent-ils lors qu'ils ont dans leur meuble le pécule destiné à la solder, car dans le cas contraire ils savent à quoi s'en tenir. D'un autre côté, les locataires ne sont guéres disposés à payer avant le terme, dont certainement plusieurs propriétaires ne seraient pas fâchés. Aussi à cette sollicitation reçoivent-ils une réponse toute négative. Un fait de ce genre est arrivé le 28 septembre dernier à Bannalec. Un propriétaire, M. .J..., s'était rendu ce jour, veille de la Saint-Michel, chez son locataire la femme G..., pour toucher le loyer d'une :maison. Celle-ci refusa absolument de payer. ,J... furieux l'a alors maltraitée. La femme G... a porté plainte contre son propriétaire dont les procédés manquent absolument de courtoisie.

7 octobre (L'Union Agricole)
Incendie : Un incendie s'est déclaré samedi matin, vers cinq heures, au château de Quimerch, habité par M. Mauduit. Le feu, qui a pris naissance dans une pièce ayant servi de cuisine et dans la quelle on avait allumé du feu la veille a dû être occasionné par des étincelles tombées sur de la paille qui recouvrait un tas de pommes de terre placé près du foyer. Les voisins ont pu facilement éteindre ce commencement d'incendie qui n'a fait que quelques dégâts insignifiants.

NOVEMBRE

1 novembre (L'Union Agricole)
Enseignement : Par décision de M. l'Inspecteur d'Académie en date du 30 octobre 1891, ont été nommés instituteurs stagiaires : M. Quéré Jean Louis et et Quéau Hervé, précédemment au service militaire.

15 novembre (L'Union Agricole)
Vol : Un vol a été commis dans l'après midi de mercredi dernier au préjudice des époux Le Du, demeurant à Stang Bossus en Bannalec. Ce jour-là, Mme Le Du était partie de chez elle vers midi et demie pour rejoindre son mari à la foire de Bannalec ; avant de quitter sa maison elle avait fermé avec soin son armoire et la porte de son logement. Le mari rentra vers 3 heures pour pacager sa vache dans le courtil ; il ne remarqua rien d'anormal et retourna au bourg. Vers cinq heures du soir, à son retour, Mme Le Du constata avec grande surprise en franchissant le seuil de sa porte que les battants de l'armoire étaient entr'ouverts. Elle pensa aussitôt qu'elle avait été victime d'un vol. En effet, en ouvrant le tiroir de l'armoire, elle vit qu'on lui avait soustrait une pièce de 20 francs renfermée dans un porte-monnaie ; ses effets étaient bouleversés et la serrure du tiroir qui avait été fracturée ne tenait plus que par une pointe Heureusement Mme Le Du avait emporté sur elle une somme de 300 francs qui certainement aurait eu le même sort. Ce vol a donc été commis de 3 à 5 heures. Le ou les voleurs ont pénétré dans la maison par la toiture qui a été en partie détruite lors de la dernière tempête ; un voisin qui a déjà été condamné pour vol est fortement soupçonné d'en être l'auteur. Une enquête est ouverte.

DECEMBRE

18 décembre (L'Union Agricole)
Violences : Le 13 courant, vers six heures du soir, plusieurs consommateurs jouaient aux cartes dans le débit Le Gall, au bourg. La partie terminée, tous se retirèrent sauf un nommé Morvan, portefaix, qui devait 40 centimes et refusait de payer. Comme la débitante voulait l'empêcher de sortir, il lui sauta à la gorge et la renversa sur le plancher, lui déchirant son col et la menaçant de l'étrangler. Les frères Guillou, qui survinrent, retirèrent la débitante des mains de son agresseur. Procès-verbal a été dressé contre Morvan qui n'en est pas, paraît-il, à son coup d'essai.

20 décembre (L'Union Agricole)
Vol : Mardi dernier, le nomné Daeron Corentin, .demeurant à Kerbiniou en Bannalec, s'aperçut qu'on lui avait enlevé 120 harts environ qu'il avait déposées dans un champ appartenant au sieur Landrein. Ses soupçons se portèrent aussitôt sur un sabotier nommé L..., lequel proteste énergiquement contre cette accusation.

27 décembre (L'Union Agricole)
Vol : M. T... Christophe, propriétaire à Kerbernès, constatait ces derniers temps qu'on avait dérobé, au préjudice de sa mère, deux pièces de 5 fr. renfermées dans son armoire. Personne, excepté la bonne, n'avait accès dans la chambre de sa mère, qui, étant malade, ne pouvait exercer la moindre surveillance ; il vint un jour à l'idée de T... que cette indélicatesse pouvait bien être le fait de la bonne. Il la surveilla donc étroitement. Dernièrement il s'aperçut qu'on lui avait allégé son porte-monnaie, qui se trouvait dans son armoire, d'une pièce de 20 francs. A la suite de ce nouveau vol, il a porté plainte à la gendarmerie de Bannalec contre sa bonne, nommée D.....Françoise, laquelle a nié le vol qu'on lui reproche. Mais malgré ses dénégations, une preuve accablante a été relevée contre elle : on l'a trouvée nantie d'une somme dont elle n'a pu justifier de la provenance. L'enquête continue et fixera certainement la justice sur le véritable auteur des vols commis.

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