EÑVORENN BANALEG |
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JANVIER
31 janvier (L'Union Agricole)
Recherché : Un mendiant nommé Lijour Jacques, âgé de 60 et quelques années, est accusé d'avoir, depuis le mois d'août dernier, commis trois fois le crime de viol sur une pauvre fille de 12 ans, a moitié idiote, Marie-Jeanne Pelleter. La gendarmerie n'a pas encore mis la main sur Lijour, mais elle le recherche activement.
FEVRIER
14 février (L'Union Agricole)
On nous écrit : La nommée Le Ster Marie Jeanne, veuve Le Mann, journalière demeurant au bourg de Bannalec, est accouchée clandestinement ces jours derrniers. La veuve Le Mann ne cherchait point à dissimuler sa grossesse dont l'état était très avancé. Si l'on s'en rapporte à sa version, le 5 février à 6 heures du matin elle serait accouchée d'un fœtus d'environ cinq mois, dans un champ bordant le cimetière des étrrangers. Après l'avoir enterré, elle serait rentrée chez elle pour vaquer à ses affaires comme d'habitude. Elle a en outre déclaré que ce foetus a été déterré par un chien, lequel l'aurait dévoré. Ceci paraît bien invraisemblable et nous pensons que la justice qui s'est transportée mercredi sur les lieux ne s'en rapportera qu'à son enquête. On croit généralement au bourg qu'on se trouve en présence d'un infanticide.
MARS
14 mars (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 11 mars : Le 12 du mois dernier, la justice se transportait à Bannalec pour constater un crime d'infanticide supposé. L'Union agricole a rapporté les faits dans son numéro du 14 février. La veuve Le Mann, interrogée, prétendit n'être accouchée que d'objets informes, mais les témoins ont été affirmatifs : l'un chez lequel la veuve Le Mann était allée le samedi 8 février, a déclaré que, ce jour, la prévenue était toujours dans le même état. Un deuxième témoin affirme qu'elle a dû accoucher dans la nuit du 9 au 10 février, car dans cette nuit-là il avait entendu beaucoup de bruit chez la veuve Le Mann ; qu.'au travers du plancher un liquide sanguinolant s'était écoulé et avait souillé les rideaux de son lit. C'est à partir de ce moment qu'il crut que la veuve Le Mann était accouchée et avait fait tout ce qui était nécessaire pour dissimuler cet événement. Ses soupçons se confirmèrent le lundi après midi quand la veuve Le Mann descendit dans son débit : il remarqua que rl'état d'embonpoint de la prévenue avait notablement diminué et qu'elle paraissait trés abattue et très faible.
La prévenue s'est toujours bornée à déclarer qu'elle n'avait pas accouché mais bien fait une perte ; que cet événement s'était produit le 5 février et non dans la nuit du 9 au 10 et qu'elle en avait enfoui le résultat dans le talus du cimetière des étrangers. Cette version n'est appuyée par aucune preuve. Rien n'a été trouvé à l'endroit que la prévenue a indiqué, et, mise en demeure de répondre, sur cette absence de preuve, elle prétend que ce sont des chiens qui ont dù gratter la terre et emporté son dépôt. La depoition du docteur Le Noc est trés affirmative et n'est nullement d'accord avec les dires de la veuve Le Mann. Le ministère public s'est exprime ainsi : il est heureux pour la femme Le Mann que le corps du délit n'ait pas été trouvé, car il aurait peut être pu permettre d'établir des faits plus graves.
Mais laissons ça de côté: c'est une histoire que seule la conscience de la prévenue connait et dont elle conserve le secret. Nous sommes ici en présence d'un fait tombant sous l'application l'article 345 alinéa 2 du code pénal qui punit de un mois à 5 ans d'emprisonnement les coupables de suppression d'un enfant quand il n'est pas établi qu'il ait vécu. Or, il est appris par les débats que la veuve Le Mann était enceinte de 6 à 7 mois, pour le moins, qu'elle est accouchée clandestinement car il est prouvé qu'elle a pris toutes ses précautions pour dissimuler sort accouchement d'un enfant qui, s'il n'est pas établi qu'il soit venu à terme et ait vécu, est du moins venu au monde et que la prévenue l'a supprimé. Je requiers donc l'application sévère de la loi. Le tribunal a condamné la veuve Le Mann à une année d'emprisonnement.
AVRIL
2 avril (L'Union Agricole)
Postes et télépgraphes : Par arrêté de M. le Directeur général des postes et télégraphes, en date du 24 mars 1890, Madame veuve Robert, receveuse à Pleyber-Christ, est nommée en la même qualité à Bannalec, en remplacement de Mme Delahaye, appelée au bureau de Mesnil Amelot (Seine-et-M«rne) ; Par arrêté du 30 janvier 1890, Mme L'Helgouac'h, receveuse a à Bannalec, est maintenue Briec.
13 avril (L'Union Agricole)
Macabre découverte : Le 10 courant, le nommé Colas, propriétaire de la chambre occupée par la nommée Le Ster, condamnée dernièrement, à un an de prison, pour suppression d'enfant, par le tribunal correctionnel de Quimperlé, était occupé à aérer cet appartement, lorsque l'idée lui vint de nettoyer la cheminée. Il prit à cet effet une perche et fit tomber un paquet qui se trouvail accroché à un morceau de bois. Colas déficela le paquet et aperçut une tête d'enfant nouveau-né. Il prévint immédiatement la gendarmerie qui s'est rendue sur les lieux pour les constatations nécessaires. Le cas de la femme Le Ster se trouve très aggravé par suite de cette découverte et il est probable qu'elle sera déférée aux assises pour crime d'infanticide.
23 avril (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 15 avril : Vol : Le Néonic Corentine femme Le Meur, cultivatrice à Bannalec, a une amende de 25 fr. ; Pérez Marie Anne, cultivatrice à Kerlidec en Bannalec, à un mois de prison ; Exercice illégal de l'art des accouchement : Marie Louise Le Roux, femme Rannou, 64 ans, cultivatrice en Bannalec, à une amende de 25 fr.
25 avril (L'Union Agricole)
Cour d'Assises du Finistère, audience du 22 avril : Viol : Le nommé Lijeour Jean Jacques, âgé de 57 ans, né à Bannalec, mendiant, sans domicile fixe, est accusé d'avoir, au Trévoux : 1° en août 1889 ; 2° le 4 novembre 1889 ; 3° le 13 janvier 1890, commis le crime de viol sur la personne de Marie Jeanne Pelleter, alors âgée de moins de quinze ans. Ministère public : M. Frétaud, procureur de la République. Défenseur : Me Garnier. Lijeour, reconnu coupable avec admission de circonstances atténuantes, est condamné à cinq ans de réclusion.
27 avril (L'Union Agricole)
Incendie : Mercredi, dans l'après-midi, un incendie s'est déclaré à Lan- Penn Ouez en Bannalec, chez le nommé Tallec Yves, cultivateur. Tout le bâtiment a été détruit. Les dégâts sont couverts par une assurance.
MAI
JUIN
29 juin (L'Union Agricole)
Vol : Guillaume Le Bail, journa lier et jardinier à Bannalec, se rendait à son jardin ce 23 juin dernier, à 4 h30. En y entrant, il eut la désagréable surprise de voir, que tous ses légumes, lui avaient élé volés pendant la nuit. On a dévasté sept longues planches de carottes nouvelles, cinq planches d'oignons, des têtes de choux, etc. Il estime sa perte à une centaine de francs. Le vol n'est pas le seul mobile de cette méchante action, car la plupart des légumes avait été jetés dan» un champ voisin. Le Bail croit tenir ses voleurs.
Accident : Les trois petites filles du sieur Thaéron, Jean, journalier à Bannalec, qui sont âgées, la première de 7 ans, la seconde de 5 ans et l'autre de 3 ans, s'amusaient devant la porte de leur maison. Thaéron monte au premier étage de la maison et au moment où il fermait sa fenêtre, la pierre qui forme le linteau de la porte s'est détachée entraînant avec elle plusieurs autres pierres. Les enfants ont été assez grièvement blessées.
JUILLET
4 juillet (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé, audience du 1 juillet : Vol : Guiffant Jérôme, âgé de 17 ans, demeurant à Stang-Bossu en Bannalec est accusé d'avoir soustrait frauduleusement une poule au sieur Hélia. Guiffant est condamné à une amende de 16 francs et sa mère est déclarée civilement responsable. La jeune Hélène Bréchard demeurant chez ses parents à Trémeur en Bannalec est poursuivie pour vol d'herbe dans un champ appartenant au sieur Ollivier ; Marie-Jeanne Rannou, sa belle-mère est aussi poursuivie pour complicité de ce vol. Le Tribunal a déclaré la jeune Bréehard coupable, mais lui faisant bénéficier des mesures pénales prises à l'égard des enfants mineurs âgés de moins de 16 ans, l'a acquittée et remise à ses parents. Quant à la complicité relevée à la charge de Marie-Jeanne Rannou, la preuve n'étant pas faite, celle-ci a été renvoyée des poursuites.
16 juillet (L'Union Agricole)
Fête : La fête du 14 juillet, favorisée par une belle journée, a été trés animée. Des amusements divers, entre autres les danses avec une gavotte d'honneur et des prix, avaient attiré et retenus jusqu'à une heure avancée de la nuit, les jeunes gens du bourg et des communes voisines. Trés disputées, les courses ont donné les résultats suivants :
Galop : 1° prix, Gornouec père, du bourg, 12 fr. ; 2° prix, Gornouec Yves, du bourg, 8 fr. ; 3° prix, Gornouec père, du bourg, 5 fr,
Trot : 1° prix, Vigot, du Coayou, 12 fr. ; 2° prix, Toupin Yves, de Kernervet. 5fr.; 3° prix,Kerhervé Louis, de Kerprima, 5 fr.
Course en char : 1° prix, Gornouec Jean-Marie, bourg , 12 fr. ; 2° prix, Henri, Louis du Moustoir 8 fr. ; 3° prix, Dœuff Guillaume, du bourg, 5 fr.
Pour terminer la soirée, un feu d'artifice a été tiré devant la mairie qui était pavoisée et illuminée avec beaucoup de goût. A signaler aussi la gendarmerie, le bureau de poste et la gare où les illuminations étaient bien disposées et offraient un joli coup d'œil. Un grand nombre d'habitants ont pris part à la fête en décorant leurs maisons de drapeaux et de lanternes vénitiennes. Les habitants de Bannalec, une fois de plus, ont rempli leur devoir de bons républicains.
20 juillet (L'Union Agricole)
Cour d'Assises du Finsitère, audience du 10 juillet : La nommée Le Ster Marie Jeanne, veuve Le Mann, âgée de 35 ans, cultivatrice a Bannalec, habitait depuis le mois de janvier dernier, avec ses deux enfants, une chambre au bourg de Bannalec. Elle était dans un état de grossesse avancée, que le développement de sa taille ne lui permettat pas de dissimuler. Dans la nuit du 9 au 10 février 1890, le sieur Laurent, qui occupe le rez-de-chaussée de la même maison, soupçonna à certains indices que la veuve Le Mann était accouchée clandestinement et informa la gendarmerie. Une information fut immédiatement ouverte. Les recherches de la gendarmerie n'ayant pu amener la découverte du cadavre de l'enfant, la veuve Le Mann persista dains son systhème de défense, malgré les résultats de enquête et l'examen médical, qui en avaient établi la fausseté. Traduite le 11 mars 1890 devant le tribunal correctionnel, sous l'inculpation de suppression d'enfant, elle l'ut condamnée à une année d'emprisonnement. Le 10 avril suivant, le sieur Colas, en nettoyant la chambre occupée par la veuve Le Mann, fit tomber un bâton placé verticalement à l'une des encoignures et au bout duquel était attaché le cadavre d'un enfant nouveau-né enveloppé de linge. Mise en présence de ce cadavre, l'accusée reconnut que c'était celui de l'enfant dont elle était accouché.
L'examen du cadavre et l'autopsie, pratiqués par M. le docteur Le Noc, ont établi que l'enfant, du sexe féminin était né viable, à terme et que la mort avait était produite par suffocation. Devant ces constatattions, la veuve Le Mann s'est décidée à faire des aveux ; elle a reconnu qu'elle était accocuchée dans la matinée du 9 février, que son enfant avait crié et qu'elle l'avait étouffé en lui comprimant le cou et en lui appliquant la bouche sur son sein. Elle a également avoué qu'elle n'avait fait aucun préparatif pour recevoir son enfant et qu'elle avait d'avance résolu de lui donner la mort. Ministère public, M. Fretaud, procureur de la République. Défenseur Me Marchadour. A l'audience, l'accusée renouvelle entièrement ses aveux. Elle dit qu'elle a tué son enfant par chagrin et qu'elle a commis une faute. Les débats vont rapidement. Après l'audition des témoins, il ne reste plus à discuter entre le ministère public et la défense que la seule question des circonstances atténuantes aux quelles le premier ne s'oppose pas. Le jury les accorde et la cour condamne la femme Le Ster à huit ans de travaux forcés sans interdiction de séjour et prononce la dé chéance paternelle.
AOUT
6 août (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 22 juillet : Affaire Le Gall Anne, femme Le Berre, âgée de 43 ans, cultivatrice à Kervildraonic, en Bannalec. La femme Le Berre est prévenue d'avoir le 11 mai dernier, sur la place du marché, soustrait frauduleusement une certaine somme d'argent au préjudice de la femme Gouyec et le 11 juillet, au même lieu, également soustrait une somme d'argent au préjudice de la femme Nigen. La prévenue qui a subi cinq condamnations pour des faits de même nature, en compte maintenant une sixième à dix mois d'emprisonnement.
SEPTEMBRE
3 septembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 27 août : Vol de récoltes : Guiffant Jérôme, 17 ans, cultivateur à Stang Bossu en Bannalec, à la peine de six jours de prison.
12 septembre (L'Union Agricole)
Fêtes patronales : Favorisées par un beau temps nos fêtes ont été très brillantes. Le mardi 9, dès 11i heures, une foule compacte s'échelonnait le long de la route de Quimperlé où avaient lieu les courses. Au moment des luttes, la fête était dans son plein ; les rues, les places étaient bordées de curieux, prenant part aux danses et aux autres amusements, ce qui n'empêchait pas un cercle bien garni d'amateurs de suivre avec intérêt les crocs et les pecs entre les solides gars de Bannalec, de Scaër et des environs. Ont eu le plus de succès dans la journée :
Luttes : Salaun, Guiffés, Guillou, Burel de Bannalec ; Guillou de Scaër ; Gall de Saint-Thurien ; Terrier de Kernével.
Courses de chevaux : Galop : 1. Jaouen d'Elliant ; 2. Gornouec Yves de Bannalec ; 3. Henry Louis de Bannalec.
Trot : 1. Toupin Yves de Bannalec ; 2. Kerhevé Louis de Bannalec ; 3. Guillou Yves de Bannalec. La jument de M. Conan, de Mellac, arrivée la 2e au but a du être écartée pour n'avoir pas été maintenue régulièrement au trot.
Course d'hommes : 1. Guiffés ; 2. Jégou Yves ; 3. Nicolas Louis.
Course d'enfants : 1. Bihan Louis ; 2. Hingant Mathias ; 3. Monchicourt François.
Course de vélocipèdes : l. Lair Léon de Lorient ; 2. Lair Gustave de Lorient ; 3. Lacour Théophile de Lorient.
Gavotte d'honneur : Bris Thomas, Rivier Corentin, Naoul Paul, Kerhervé Yves, Guiffant Louis, Beuze Francis.
Nous remercions d'avoir bien voulu honorer notre fête de leur présence, notre sympathique député, M. de Kerjégu et M. le Sous-Préfet de Quimperlé que nous avons remarqués au champ des luttes. Nos remerciements également aux musiciens scaërois d'être venus prêter leur concours à notre pardon, et nos félicitations pour la manière dont ils se sont acquittés de leur tâche : amuser et charmer le public.
OCTOBRE
8 octobre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 24 septembre : Dans son audience correctionnelle du 24 septembre dernier le Tribunal a jugé les auteurs principaux de la rixe qui avait eu lieu à Bannalec le 3 août précédent, jour du pardon de l'église Blanche, entre les jeunes gens de Kernével' et de Bannalec. Depuis de longues années les jeunes gens de ces communes ne sympathisent pas ensemble. Chaque fois qu'ils ont l'occasion de se rencontrer, ils se prennent de querelle et bientôt les horions pleuvent. Cette année le combat n'a pas été terrible. La mêlée a cependant été générale mais il n'y a eu à regretter que quelques pochades. Pas de jambes cassées ni d'yeux crevés ; chacun s'en est revenu chez soi la tête solide sur les épaules. Toutefois, les blessés se sont plaints et l'enquête de la gendarmerie a révélé les noms des quatre auteurs principaux de la rixe, tous de Bannalec. Le Tribunal a condamné le nommé M..., qui avait pris la plus grande part dans cette batailla à dix jours de prison. Quant à ses co-prévenus : LeN... Louis, G... Christophe et N... Guillaume, ils ont été condamnés à sir jours de la même peine.
NOVEMBRE
2 novembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 28 octobre : Coups et blessures : Guillou Dominique, âgé de 17 ans, sabotier au bourg de Bannalec. Le 12 octobre dernier, au bourg de Bannalec, Guillou accostait un nommé Le Bras, soldat au régiment de ligne ea garnison à Vannes et après quelques pourparlers lui demandait du tabac et à boire. Mécontent de ce que Le Bras refusaît sa demande, il le prit par sa capote qu'il tira fortement à lui. Pour se débarasser de son adversaire, le soldat le saisit à bras-le-corps, le renversa, puis s'enfuit. Mais Guillou ne se tenant point pour battu se releva promptement, s'arma de son couteau et en porta un coup à la tête du militaire. La blessure a été sans gravité et n'a occasionné aucune incapacité de travail. Me Le Diberder a présenté la défense et a fait valoir le cas de légitime défense. Néanmoins, Guillou a été puni de vingt jours d'emprisonnement.
5 novembre (L'Union Agricole)
Rixe : Les nommés S... François, journalier, sans domicile fixe, et G... demeurant à Bannalec, voulurent lutter samedi dernier. A un moment donné, S. fut renversé et en tombant il dit à G... : « Ah ! tu m'as fait mal ». Le malheureux avait en effet la jambe droite cassée au tibia. M. le docteur Le Noc, de Bannalec, lui a donné les premiers soins. S... a déclaré qu'il ne voulait pas que son camarade fût rendu responsable de l'accident.
21 novembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 11 novembre : Vol d'un poulet : Queïnnec Marie-Hélène, 27 ans, repasseuse à Bannalec et Berthelot Marie Anne, ménagère à Bannalec, chacune à la peine de.48 heures de prison. Chasse sans permis : Gargam Mathurin 20 ans, domestique à Kérancalvez en Bannalec, à une amende de 30 fr. et à la confiscation de son fusil.
23 novembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 18 novembre : Pêche : Massé Guillaume, 31 ans, meunier au moulin de Pont-Hellec en Bannalec, en une amende de 16 fr. ; Millour François, 31 ans, meunier an moulin Buguet en Bannalec, en une amende de 16 fr.
26 novembre (L'Union Agricole)
Tribunal correctionnel de Quimperlé : Audience du 20 novembre : Falsification de passeport : Le Sénéchal Christophe 36 ans, ajusteur, sans domicile fixe, né à Bannalec, à 2 mois d'emprisonnement.
DECEMBRE
5 décembre (L'Union Agricole)
Mariage : Mardi, il y avait grande fêe à Bannalec M. Toupin, propriétaire à Kernervet, ancien adjoint de la Commune, membre du Conseil municipal, trésorier du Comice agricole, mariait sa fille aînée à M. Vigot Jacques, propriétaire, ancien élève de l'école du Lézardeau, ancien volontaire d'un an. Les nouveaux mariés formaient un couple charmant et étaient escortés de nombreux parents et amis, venus au nombre de près de cinq cents, pour assister à cette union et aux fêtes qui 1'ont suivie. Dès le matin, on voyait un grand nombre de voitures et de cavaliers se diriger vers Kernervet pour al1er chercher la nouvelle mariée et lui faire une escorte d'honneur. Avant 9 heures, il y avait chez M. Toupin, dont la cave, heureusement, était bien garnie et la table bien approvisionnée, environ 25 chars-à-ban, 30 cavaliers, près de 300 convives et plus de 300 pauvres qui ont eu la première part du festin. Le temps était beau, un peu frais et piquant, mais il y avait chez tout le monde de si bonnes dispositions et tant d'entrain que le premier déjeuner, l'à-compte pour attendre, a été arrosé de plus de deux barriques de cidre, sans compter les verres de creuse-appétit. A Kernervet, d'ailleurs, on a grandement fait les choses. Bientôt on prend la route du bourg. Une longue file de voitures au grand trot, précédées d'une trentaine de cavaliers aux chevaux enrubanés, escortent celle de la nouvelle mariée. Les piétons viennent derrière. Après le mariage religieux et la bénédiction nuptiale, il y a eu courses au trot et au galop sur la route de Quimperlé. Une douzaine de chevaux ont pris part à ces courses. Voici les résultats :
Au galop : 1. Gornouec Jean-Marie, du bourg de Bannalec ; 2. Veuve Gornouec ; 3. Jambou de Guiscrifff.
Au trot : 1. Vigot de Kerbloc'h, en Scaër ; 2. Gornouec Jean Marie, de Bannalec ; 3. Vigot Jérôme de Coayou en Bannalec.
Les repas de noces, parfaitement servis, ont eu lieu chez M. Le Sénéchal, au bourg de Bannalec. Avant de se mettre à table on a dansé quelques gavottes, où toutes les jolies femmes de Bannalec, parées de leurs plus belles toilettes (elles étaient éblouissantes), se sont trouvées réunies., Après cet exercice, très salutaire d'ailleurs, et qui a servi d'apéritif, les 500 convives ont bu et mangé à tire la rigaude ; puis les danses au biniou ont recommencé avec une nouvelle ardeur et un nouvel entrain. C'était vraiment plaisir de voir ces longues files de danseurs et de danseuses toutes chamarrées d'or et d'argent, décrivant sans discontinuer les plus gracieuxet les plus capricieux méandres dans des gavottes des plus animées et des plus entraînantes. Les jeunes époux entrent en ménage sous d'heureux auspices.
26 décembre (L'Union Agricole)
Vol ? : Le nommé R... Pierre, entrepreneur à Melgven, était entré, lundi dernier, chez le sieur R... débitant et perru iïuier, pour se faire raser. Celle opération" finie, il en régla le coût puis quitta la maison en oubliant sur une table son mouchoir, son couteau ainsi qu'un porte-monnaie renfermant 20 fr. en 2 pièces de 5 fr. en argent et une pièce d'or de 10 fr. Quelque temps après, il rentra avec plusieurs camarades chez le nommé G... débitant, leur offant une consommation. Au moment de régler il s'aperçut de son oubli et courut aussitôt chez le perruquier. Celui ci étant absent, il demanda à sa femme si elle avait vu son porte-monnaie mais elle prétendit n'avoir rien remarqué. Une enquête a été ouverte.
Contravention : le 22 courant, les gendarmes en tournée ont rencontré, circulant sur la route de grande communication n° 4, une petite voiture attelée de deux chiens. Une femme se trouvait dans la voiture ; à côté d'elle un homme marchait sur la route. Questionné, cet individu a déclaré s'appeler Georgelin Jean Baptiste, âgé de 32 ans, marchand forain, né à Pontivy (Morbihan). Procès-verbal a été dressé contre ces voyageurs pour contravention à l'arrêté préfectoral du 2 septembre 1876.
Vol : Le sieur Guiffant Alain, âgé de 44 ans, cultivateur à Grand-Perrin aidé de trois voisins, charroyail ces jours derniers du bois qu'il avait vendu à un propriélaire de Lorient. Le chemin étant très mauvais du village à la grande route, les voitures ne pouvaient porter que mi-charge. On déposait donc le bois sur le bord de la route et on repartait une deuxième fois au village, puis en arrivant à la route on reprenait la première charge afin de se diriger sur la gare où devait avoir lieu l'expédition. Dans l'intervalle de ces voyages un individu a soustrait 31 billes de bois, qu'il a soigneusement cachées dans un champ voisin. Guiffant a porté plainte à la gendarmerie, mais on n'a pas pu découvrir l'auteur du vol.